Expérience Nitrox
L'antibuée N°8 - Mars 2000
Cet été, après un séjour "trek" en Asie du Sud Est (VIETNAM et MYANMAR), j'ai fini mon escapade en THAILANDE, non pas à PHUKET où la mousson était omniprésente et dévastatrice pour la plongée à cette période de l'année (certains au club avaient choisi l'an dernier et à juste raison une période plus propice), mais à KOH SAMUL , une petite île restée à ce jour et pour combien de temps (encore) paradisiaque en Mer de Chine. Noblesse oblige, hélas ! Comme partout ou presque souvent hors de France, il est difficile, voir même impossible de trouver le sigle FFESSM à l'entrée des centres de plongée (hormis peut-être l'UCPA). Toutefois, il existe un centre école PADI (bien sûr !) à BOPHUT tenu par des Français et recommandé par le "guide du routard". Après quelques plongées d'échauffement, je prends quelques renseignements sur la plongée NITROX (terme un peu rébarbatif à déchiffrer dans les bouquins spécialisés). Je me décide à me lancer dans le grand bain.
Après un cours et petit examen de contrôle expéditif d'une durée de 6 h (méthode de qui vous savez !), me voilà prêt pour le grand voyage le lendemain matin pour 2 plongées NITROX avec un instructeur. Tout baigne jusque là car les bienfaits des cours théoriques qualitatifs et quantitatifs du samedi matin à Edouard Pailleron m'ont bien aidé. Passons au côté pratique, dès l'arrivée sur le bateau, nos 4 blocs très "fluo" ne passaient pas inaperçus (ce qui est aussi un moyen sécurisant de ne pas les confondre).
Une rapide explication du bien fondé de l'étiquette verte et jaune sur le bloc comprenant les annotations du centre de gonflage et surtout personnelles vous feront comprendre une fois de plus que vous êtes un plongeur autonome et responsable. Seul le contrôle individuel du taux de O2 dans le bloc à l'aide d'un analyseur (genre densimètre) vous amènera à un résultat qui déterminera votre profil de plongée à l'aide de tables (PADI bien sûr !).
Après s'être équipé de manière traditionnelle, j'attaque avec le "mono" ma première plongée NITROX dans cette eau à 30°C. Dès l'immersion, je ressens une sensation bizarre d'un arrière goût plus salé qu'à l'ordinaire, mais vite oublié par un confort respiratoire supérieur à la plongée standard, pas d'effort, pas de "pompage", rien… ! On se croirait en milieu ambiant, même à 29 m où l'on apprécie mieux le décor qui nous entoure (murènes, platax, mérous, barracudas, poissons perroquet, chirurgiens). Toute une faune vivant dans cet aquarium décoré de nombreux et magnifiques coraux. En fait, j'en ai pris plein les yeux… Comble de bonheur, heureux hasard, un requin baleine apparaît, pour une première c'est un coup double. Pour un plongeur qui n'a pas et de loin des centaines de plongées à son compteur, c'est inespéré et inouï. Nous profitons de ce taxi imprévu pour une promenade gratuite dans son royaume et constatons qu'il adore nos caresses sur sa tête protégée par une couche ressemblant à de la moquette à poils ras. Mais solidarité oblige, nous le laissons jouer avec d'autres palanquées. Après 23 mn à cette profondeur, une autre surprise m'attendait, pas de paliers à effectuer, hormis un symbolique 3 mn à 3 m, de quoi être effrayé. Après un lunch, une sieste de principe, nous retournons à nos blocs. Après vérification (le taux d'O2 peut être différent), nous planifions notre 2ème plongée et sautons de nouveau dans le grand bleu en appréciant peut-être mieux le confort respiratoire, le panorama de rêve où le passage d'une grosse tortue a complété cette journée magnifique et inoubliable.
En remontant sur le bateau, j'étais heureux, comblé et satisfait de cette expérience NITROX qui peut être ressentie de manière différente pour d'autre. J'étais aussi un peu inquiet car 2 sorties à 29 m pour 23 mn et 28 m pour 24 mn, sans paliers avec un intervalle d'1h30 me donnaient quelques doutes sur mon état de santé à venir. Pas de symptômes apparents, donc tout allait bien, au contraire j'étais ou j'avais la sensation d'être en pleine forme, prêt à recommencer, mais faute de blocs, je m'arrêtais à constater l'autre avantage : nettement moins de fatigue à la sortie. Donc un conseil, plutôt un avis, essayez si vous avez l'occasion un jour : "PLONGER NITROX" et vous verrez… ! Pour ma part, je ne laisserai pas tomber le mélange classique pour le mélange enrichi, mais je recommencerai… Ah ! J'oubliais, comme rien n'est parfait, il y a 2 inconvénients :
- Les plongées sont limitées à cause de DALTON aux environs de 30 m donc déconseillées aux amoureux de la profonde.
- L'autre problème est dû au tarif plus onéreux (matériel, station de gonflage, clientèle pas encore développée), mais quand on aime, on ne compte pas…
- Un troisième, d'ordre technique : vous avez souvent l'œil sur le profondimètre.
Mais le rêve est passé, la dure et cruelle réalité de retourner à nos piscines avec les eaux parfois froides, son carrelage répétitif nous donnent envie de fuir de nouveau vers des destinations de rêve. Ah ! Au fait, je laisse la conclusion de mon récit pour une amicale pensée et remerciements à nos "méchants moniteurs" qui grâce à leurs séances de "tortures" et précieux conseils dans cette discipline qui est du "loisir", "j'ai pu faire cela". Espère en faire d'autres comme vous aussi, je l'espère et le souhaite. Au boulot ! Il y a du pain sur la planche, mais je crois très sincèrement que le Millésime 2000 du "Château ASHGP" sera d'un bon cru.
Daniel

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