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Archéologie

L'antibuée N°13 - Mai 2003

L'île de St Kitts, longtemps appelée St Christophe jusqu'au traité de Paris en 1783 où elle sera cédée aux Anglais, fut pendant trois siècles le théâtre de multiples batailles navales et de violents ouragans tropicaux. C'est suite à l'un de ces ouragans qu'une épave a été découverte à la pointe sud de l'île dans la baie appelée « White House Bay » à proximité du plus grand lac salé de la région.

En partenariat avec ADMAT/ERIMAT et la SCH society, j'ai participé aux premières investigations et phases de reconnaissance de l'épave en septembre et octobre 2002, puis à la mise en place du chantier de fouilles sous-marines lancé dès le début du mois d'avril 2003.
A quelques brasses du bord de mer, le navire encore inconnu repose à 3,5m de profondeur recouvert de sédiments et d'une fine couche de sable.


Pour commencer, un carroyage de 5x5m, c'est-à-dire un quadrillage en pvc blanc et orange avec des carrés de 1m numérotés, est érigé au dessus de l'épave. Cette technique permet aux archéologues d'enregistrer, de dessiner, de photographier et de répertorier tous les objets dispersés et ceci de façon méthodique afin d'établir une cartographie précise des échantillons appartenant à l'histoire de ce bâtiment.

Puis avide d'en savoir plus sur l'origine de ce navire, les circonstances du naufrage et surtout son architecture, nous installons rapidement avec l'aide des plongeurs de l'armée locale, les suceuses, véritables aspirateurs géants pour dégager l'épave.
Peu à peu un bouton d'uniforme, une cuillère, des balles de mousquet se dégagent comme par magie de tout ce sable et c'est alors que j'imagine les occupants du navire vaquer à leurs occupations journalières tout en essayant de reconstituer les scènes quotidiennes de vie à bord.
Surtout qu'à quelques mètres de l'épave reposent 5 canons d'une taille de 2 mètres recouverts de concrétions, nous laissant pour l'instant dans l'expectative tant qu'ils n'auront pas été remontés et nettoyés.

Ces canons font partie des pièces multiples qui nous permettront de reconstituer le puzzle en nous appuyant à la fois sur la réalité historique des Caraïbes et sur les travaux de recherche en archives. En effet chaque chantier de fouilles sous-marines est l'aboutissement d'un long parcours demandant des années d'efforts car il faut plonger dans les lois et les règlements, venir à bout d'un maquis de procédures, obtenir des audiences, préparer des dossiers et discuter les conditions du contrat avec le gouvernement d'accueil.
Mais que représentent ces nombreux obstacles en comparaison au plaisir et à la joie de la découverte, tels des pionniers sur les traces de ces aventuriers du passé ?

Florence

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